Agressions de maires et élus municipaux : comment renouer le dialogue ?

Les statistiques sont flagrantes : 383 maires ou élus ont subi un acte de violence en 2019 et 361 en 2018.  Et au 12 août 2020, 233 dépôts de plainte contre 198 à la même période l’année dernière… avec une nature plus violente que les années précédentes. Comment expliquer cette tendance alarmante au sein de notre communauté démocratique ? Mais, surtout, comment inverser la courbe ?

Les élus locaux : les représentants de l’Etat dans la commune

Les agressions ont eu le vent en poupe cet été : le maire de Portbail (Manche), violenté par des campeurs qui ne souhaitaient pas délocaliser leur tente ; Chalifert (Seine-et-Marne), l’agression est filmée et diffusée sur les réseaux sociaux ; à Saint-Philippe d’Aiguille (Gironde), le maire est frappé suite à une intervention pour tapage nocturne ; même cause et conséquence à Croisilles (Pas-de-Calais) causant au maire de sévères blessures… Le traumatisme de la mort violente en 2019 du maire de Signes (Var), renversé par une camionnette dont il voulait verbaliser les occupants, est encore bien présent du côté des conseils municipaux.

L’Association des Maires de France s’indigne de voir les responsables non jugés à ce jour. Elle a notamment réagi en demandant des mesures concrètes au gouvernement. L’AMF réclame des sanctions « spécifiques et aggravées » pour les auteurs des violences. « Ces actes ne doivent pas rester impunis car derrière un maire, c’est la République qui est agressée » écrivait-elle.

Le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti, n’a pas tardé à réagir : la circulaire du 7 septembre 2020 demande aux procureurs de renforcer le suivi judiciaire des auteurs d’infractions commises contre les élus locaux. Les insultes à leur encontre, jusque-là considérées comme injures, seront désormais qualifiées d’outrage, et un accueil personnalisé devra être mis en place pour les victimes.

Le consensus civique à l’ère du digital

Au delà de la réponse pénale, incontournable, nous pouvons tenter de remonter à la source du mal.

Le maire, élu préféré des français, serait-il victime de la défiance d’une partie de la population envers la classe politique ?

Si telle est la piste, pourquoi ne pas mettre en place un outil qui rapproche les administrés de l’équipe municipale ?

Un réseau social privé communal tel que Maires et Citoyens propose des fonctionnalités qui ouvrent le dialogue et tente d’éliminer les conflits.

Concrètement, un message privé au maire (et une réponse rapide de sa part) prouve l’accessibilité de la personnalité publique, tout comme le lancement d’un débat public sur un groupe de discussion citoyen. La réception de suggestions ou idées de la part des citoyens, transmises en sondage (anonyme ou non) renforce encore une fois l’idée du consensus au sein d’un village ou d’une ville.

Enfin, l’envoi d’alerte communale d’une part, et la réception de signalements d’autre part, démontre un échange concret dans les deux sens.

Une simple application ne permettra pas de supprimer l’ensauvagement de la société que certains dénoncent… Mais contribuera certainement à rapprocher les uns des autres.

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